Le modèle lettre départ retraite et congés payés combine deux demandes dans un seul courrier : la notification officielle du départ volontaire à la retraite et le souhait de solder ses congés payés restants pendant le préavis. Articuler ces deux éléments dans une même lettre permet d’éviter un aller-retour administratif avec l’employeur et de fixer une date de fin de contrat cohérente avec le solde de congés acquis.
Congés payés non pris et préavis de départ retraite : ce qui se joue juridiquement
Lors d’un départ volontaire à la retraite, le salarié doit respecter un préavis dont la durée dépend de l’ancienneté et de la convention collective applicable. Pendant ce préavis, deux options se présentent pour les congés payés acquis mais non pris.
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La première consiste à poser ses congés pendant le préavis. Dans ce cas, les congés payés ne prolongent pas la durée du préavis : celui-ci continue de courir normalement, sauf accord contraire de l’employeur. La date de sortie effective reste identique, mais le salarié est absent une partie de la période.
La seconde option est de ne pas poser ses congés et de percevoir une indemnité compensatrice de congés payés au moment du solde de tout compte. Cette indemnité couvre les jours acquis et non consommés. Le choix entre les deux dépend souvent de la situation personnelle, mais aussi de la réponse de l’employeur à la demande de congés.
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Un point à ne pas négliger : l’employeur conserve le droit de refuser des dates de congés pendant le préavis, pour des raisons d’organisation du service. Mentionner sa préférence dans la lettre de départ ne garantit pas automatiquement l’accord. La lettre officialise la demande, le planning reste à valider.

Modèle de lettre départ retraite avec demande de congés payés
Ce modèle reprend les mentions obligatoires identifiées par le Code du travail et les recommandations du site officiel code.travail.gouv.fr. Il intègre la demande de prise de congés payés pendant le préavis.
Prénom Nom du salarié
Adresse
Code postal – Ville
Société
Prénom Nom du représentant (DRH, directeur, etc.)
Adresse
Code postal – Ville
Lettre recommandée avec accusé de réception
À (lieu), le (date)
Objet : Notification de départ volontaire à la retraite et demande de congés payés
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous notifie ma décision de faire valoir mes droits à la retraite. Conformément aux dispositions de mon contrat de travail (et/ou de la convention collective applicable), mon préavis d’une durée de (X mois) débutera à la date de première présentation de ce courrier.
Je souhaite, durant cette période de préavis, poser mes congés payés acquis et non pris, soit (nombre) jours ouvrables, du (date début) au (date fin). Je reste à votre disposition pour ajuster ces dates selon les nécessités du service.
Je vous serais reconnaissant(e) de bien vouloir me remettre, à l’issue de mon contrat, les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation Pôle emploi (France Travail) et solde de tout compte.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
(Signature)
Adapter ce modèle à sa convention collective
Les conventions collectives prévoient parfois des formalités spécifiques ou des délais de préavis différents du droit commun. Par exemple, la convention Syntec fixe des durées de préavis qui varient selon la classification du salarié. Avant d’envoyer la lettre, vérifier la convention applicable permet d’indiquer la bonne durée de préavis et d’éviter un courrier incomplet.
- Consulter le bulletin de paie ou le contrat de travail pour identifier la convention collective applicable
- Vérifier la durée exacte du préavis prévue par cette convention selon l’ancienneté et la catégorie professionnelle
- Repérer d’éventuelles clauses sur la prise de congés en fin de contrat ou pendant le préavis
Indemnité de départ retraite et solde de congés payés : deux lignes distinctes sur le solde de tout compte
Le solde de tout compte mentionne séparément l’indemnité de départ à la retraite et l’éventuelle indemnité compensatrice de congés payés. Les deux obéissent à des régimes fiscaux et sociaux différents.
L’indemnité de départ volontaire à la retraite est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu dès le premier euro, contrairement à l’indemnité de licenciement. Son montant dépend de l’ancienneté et des dispositions de la convention collective, qui peuvent être plus favorables que le minimum légal.
L’indemnité compensatrice de congés payés, elle, correspond au salaire qu’aurait perçu le salarié s’il avait pris ses congés. Elle est due même si le salarié a été dispensé de préavis. Ce point est parfois source de confusion : un employeur qui dispense de préavis reste tenu de verser cette indemnité si des jours de congés n’ont pas été soldés.
Contribution patronale à 40 % en 2026 : un contexte qui pèse sur les négociations de départ
Le PLFSS 2026 a porté la contribution patronale spécifique sur les indemnités de rupture conventionnelle et de mise à la retraite à 40 %, contre 30 % auparavant. Cette hausse concerne les salariés au-delà de certains seuils d’âge ou de droits à retraite.
Pour le salarié qui envisage un départ volontaire, cette information change la donne indirectement. L’employeur a désormais moins d’intérêt financier à proposer une rupture conventionnelle à un salarié proche de la retraite. La stratégie de négociation s’en trouve modifiée.
Concrètement, un salarié qui espérait négocier une rupture conventionnelle plutôt qu’un départ volontaire à la retraite risque de se heurter à un refus motivé par le surcoût patronal. Le départ volontaire avec prise de congés pendant le préavis devient alors l’option la plus réaliste pour quitter l’entreprise dans de bonnes conditions.
- La rupture conventionnelle coûte désormais plus cher à l’employeur pour un salarié proche de la retraite
- Le départ volontaire reste à l’initiative du salarié et n’est pas concerné par cette contribution de 40 %
- Négocier une dispense de préavis avec maintien de l’indemnité compensatrice de congés payés reste possible, indépendamment de cette mesure
Les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026. Ce taux modeste incite à bien calculer sa date de départ pour optimiser le dernier salaire et le montant de la première pension, plutôt que de précipiter la fin du contrat.

